Sierra-Leone :L'ex-rebelle Foday Sankoh est mort

L'ancien chef rebelle sierra-léonais du RUF,Foday Sankoh, est mort mercredi matin dans un hôpital de Freetown, a appris l'AFP auprès du tribunal spécial pour les crimes de guerre en Sierra-Leone. "Sankoh est mort tôt ce matin (mercredi) à l'hôpital de Choitram", a indiqué cette source, ajoutant qu'un communiqué officiel du tribunal
spécial, qui avait inculpé et détenait Foday Sankoh, serait publié en
cours de journée. Agé de 70 ans, l'ancien chef du RUF (Front révolutionnaire unie) était
très malade depuis plusieurs mois, et son avocat avait récemment
invoqué son état de santé pour demander au tribunal l'arrêt des poursuites. Au cours de sa première comparution, Foday Sankoh était apparu devant le tribunal poussé par deux gardes dans son fauteuil roulant et n'avait eu aucune réaction quand la cour lui avait demandé de décliner son identité. Selon les médecins, l'ancien rebelle souffrait de paralysie partielle à la suite d'une attaque et un "état catatonique" nécessitant des
soins psychiatriques avait également été diagnostiqué.
Début juin, le tribunal spécial de Freetown avait lancé un appel à la communauté internationale pour trouver un pays d'accueil à même de soigner l'ancien chef rebelle. "Sankoh a un besoin urgent d'examens et de soins médicaux hors de Sierra Leone", avait déclaré le greffier de la cour, Robin Vincent, au cours d'une conférence de presse conjointe avec l'épouse de
l'ex-rebelle, Fatu.
Mais Sankoh, inculpé pour de multiples crimes de guerre et contre
l'humanité par le tribunal spécial, figurait sur la liste des
personnes interdites de déplacement internationaux par les Nations unies. Et le comité des sanctions de l'ONU refusait de lever cette interdiction tant qu'un pays tiers ne se serait pas engagé à renvoyer Sankoh en Sierra Leone après l'avoir accueilli pour des soins
médicaux.
L'appel était resté lettre morte et Sankoh en Sierra-Leone. Ce tribunal est chargé de juger les personnes accusées d'avoir commis des atrocités durant la guerre civile qui a duré dix ans (1991-2001). Sankoh a fondé et dirigé le Front révolutionnaire uni (RUF), qui a déclenché la guerre au cours de laquelle des milliers de civils ont été mutilés et victimes d'actes de violence. Ce conflit a fait entre 100.000 et 200.000 morts en Sierra Leone, l'un des pays les plus pauvres au monde en dépit de ses importantes réserves de diamants. De nombreux viols ont également été commis pour terroriser la population. D'autres commandants rebelles, Issa Sesay et Morris Kallon, ainsi que Alex Brima, un ancien haut responsable de la junte militaire où des rebelles étaient également présents, ont aussi été inculpés par le tribunal spécial. L'ancien lieutenant de Sankoh, Sam Bockarie, lui aussi inculpé, a été tué début mai au Liberia. Egalement poursuivi par cette juridiction pour son implication dans la guerre civile en Sierra-Leone voisine, le président libérien Charles Taylor fait quant à lui l'objet d'un mandat d'arrêt international.