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Exilé congolais aux Etats-Unis Candidat au Poste de
Vice-président
Après plus de dix années vécues à Washington, Jean-Oscar
Ngalamulume, Candidat potentiel au poste de Vice- Président de
l'opposition non-armée retourne au Congo dans l'espoir d'être
élu démocratiquement.
"Je suis le fils du pays qui aimerait voir le grand Congo
rétablir l'ordre économique, déclare-t-il, il est temps que
notre pays retrouve sa place dans le concert de grandes
nations démocratiques du monde."
Economiste et Président de la Convention Des Institutions
Démocratiques et Sociales (CIDES), M. Ngalamulume s'est
toujours montré critique contre toute forme de dictature
depuis le régime de Mobutu.
Durant son exil, il a développé des relations intimes avec
quelques membres de la Communauté internationale et les
gouvernements de l'Amérique du nord, clairement les Etats-Unis
et le Canada.
Son retour au pays n'est pas une surprise.
Pendant plus de trois mois, avant et après le dialogue de Sun
City en Afrique du Sud, organisé au mois d'avril de cette
année, les médias congolais avaient longuement signalé que M.
Ngalamulume était le probable Premier Ministre du gouvernement
de transition.
M.
Ngalamulume voyagera directement de Washington à l'Afrique du
Sud pour participer aux négociations avec le gouvernement
congolais et les chefs rebelles qui se réuniront à Pretoria,
dans le but de mettre en place un cadre institutionnel de
transition et voter ses animateurs, une transition qui amènera
les Congolais aux premières élections transparentes, libres et
démocratiques depuis l'indépendance.
Cette réunion permettra la rébellion de stopper la guerre qui
a commencé il y a quatre années et causé la mort de plus de
deux millions de Congolais.
La
motivation du Candidat Ngalamulume au poste de quatrième Vice-
président dans le gouvernement de transition consiste à
assurer les accords de Pretoria et éviter la "somalisation" de
la ville de Kinshasa par les Seigneurs de guerre en premier
lieu, et de participer à la reconstruction du pays, d'après
les sources bien informées.
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Du
Zaïre au Congo-Kinshasa, le pillage continue
Un rapport de l'ONU détaille la mise à sac des ressources
naturelles du pays par ses voisins.
l y a les Etats pilleurs, les Etats qui
se font piller et ceux qui organisent leur propre pillage. La
République démocratique du Congo (RDC) fait partie de la
deuxième, mais aussi de la troisième catégorie. Publié début
novembre, un rapport d'experts mandatés par les Nations unies
a jeté une lumière crue sur la mise à sac des immenses
ressources naturelles de l'ex-Zaïre par le Rwanda et
l'Ouganda, relayés sur le terrain par des milices rebelles
congolaises. Mais les enquêteurs onusiens pointent également
du doigt un «réseau d'élite congolais et zimbabwéen»
composé de hauts responsables gouvernementaux et militaires
des deux pays.
Partage.
Très précis, ce rapport a suscité un tollé à
Kinshasa, la question du partage des ressources naturelles
étant l'un des points sur lesquels butent les pourparlers de
paix de Pretoria (lire encadré). Le Mouvement de libération du
Congo (MLC, soutenu par l'Ouganda) de Jean-Pierre Bemba exige
en effet un partage du pouvoir à tous les niveaux en RDC, y
compris au sein des entreprises d'Etat. Cette revendication
est jugée «inacceptable» par Kinshasa. «Cela
reviendrait à un pillage officiel du pays. Nous acceptons de
partager le pouvoir politique, mais non de diviser les
ressources de l'Etat», a commenté Bene M'Poko, ambassadeur
de la République démocratique du Congo en Afrique du Sud.
Embarrassé par les révélations de l'ONU, le président Joseph Kabila
a limogé plusieurs responsables politiques, et pas des
moindres. Mis en cause nommément, le ministre à la Présidence,
Augustin Katumba Mwanke, le ministre à la Sécurité et l'Ordre
public, Mwenze Kongolo, et celui chargé du Plan et de la
Reconstruction, Denis Kalume, ont été limogés le 11 novembre.
Même sanction pour trois hauts fonctionnaires: l'ambassadeur
congolais au Zimbabwe, le directeur de l'Agence nationale de
renseignements (ANR) et le président du comité de gestion de
la principale société minière d'Etat, la Miba. Ces hommes,
ainsi que leurs proches, ont interdiction de quitter le
territoire national jusqu'à nouvel ordre, dans l'attente
d'éventuelles poursuites judiciaires.
Coopération active. Le rapport de l'ONU détaille en profondeur les
circuits militaro-mafieux grâce auxquels les voisins de la RDC
se sont emparés des richesses de son sous-sol. Anciens alliés
de Kabila père contre Mobutu, le Rwanda et l'Ouganda se sont
largement servis, avec l'aval des autorités congolaises de
l'époque. Depuis la rupture de leur alliance, il y a quatre
ans, les deux pays continuent de piller l'est de la RDC,
qu'ils contrôlent toujours via des groupes rebelles
congolais. Appelé en renfort par Kabila pour contrer le Rwanda
et l'Ouganda, le Zimbabwe de Robert Mugabe se paie lui aussi
en nature, cette fois avec la coopération active de certains
dirigeants de Kinshasa. «Le pillage, qui était auparavant
le fait des armées, a été remplacé par des systèmes organisés
de détournement de fonds, de fraude fiscale, d'extorsion de
fonds ; d'octroi d'options d'achat d'actions comme dessous de
table et de détournement de fonds publics sous la direction de
groupes assimilables à des organisations criminelles»,
explique le rapport.
Malheur. Le détournement massif des richesses nationales par
le seul «réseau congolais et zimbabwéen» est évalué à
plus de 5 milliards de dollars sur trois ans. Ce pillage en
règle fait le bonheur de quelques-uns et le malheur de tous
les autres. Il a réduit «à zéro», insistent les
experts, les fonds disponibles pour les services publics. Un
exemple : dans la province du Kasaï oriental, quatre
installations de production d'eau sur cinq ne fonctionnent
plus. Quant à la dernière, elle ne tourne plus qu'à 20 % de
ses capacités.
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